C’est comme ça…

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C’est toujours avec ces mots que ma fille ponctue les fins de ses phrases.  » Il faut bien aller à l’école… Hein ! C’est comme ça.  » Eh oui, il faut bien, même si le cœur n’y est plus. Les notes, les évaluations, les cours formatés, les leçons à apprendre par cœur, tout ce qu’il faut pour enterrer un peu plus profondément, créativité et curiosité. Alors oui mon bébé, à ma grande désolation, c’est comme ça.

À nos amis

C’est l’heure des adieux. L’instant que l’on attendait plus parce qu’on y pense même pas et qui déboule au beau milieu de ma peinture. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Je suis pourtant le premier à dire, à penser que toute chose a une fin et qu’on n’y peut rien, que c’est comme ça. Sans doute égocentriquement c’est à ma propre fin que je pense et qu’il faut bien se calmer et calmer son cœur, son âme, son corps. Qu’à bien y réfléchir, c’est encore de vie dont il est question, même là et même si nous ne nous parlerons plus jamais d’art, de vie, de rien, que je n’entendrais plus ton tonitruant « okay » qui ponctuait les fins de nos discussions, que nos épaisses mains ne se serreront plus, nous demeurerons des amis encore longtemps. Repose en paix mon pote.

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4000 clics plus tard.

Les idées tristes ont toujours autant la côte avec moi. Il m’est presque impossible de lutter contre la pensée d’une catastrophe imminente. Et pourtant je suis là, encore, à désirer un mieux qui je le sais, ne m’aidera ni à me lever, ni à marcher, ni à respirer et encore moins à exister. Quand de l’eau, de la nourriture, du sommeil et peindre suffiraient, ma tête réclame toujours un peu plus. 4000 clic plus tard, l’heure des bouleversements est proche. Alors quoi, faut-il à nouveau faire des listes des actions accomplies et celles qui restent à faire. Toutes ces actions ont-elles un sens d’ailleurs à une époque où tout semble se confondre dans un impitoyable vide ? Tous ces riens qui s’additionnent, valent quoi au juste. Me nourrissent-ils comme j’aime à le croire ou bien au contraire me vident-ils d’avantage de ce que je suis ? Je me sens si étranger à moi-même parfois que j’en ai le vertige. La peur domine et je crois hélas qu’elle est, que je le veuilles ou non, salvatrice.

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Autoportrait – Huile sur toile – Détail (en cours) Février 2017.

 

5 ans

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5 ans É. – Huile sur toile – Mai 2016

Ce blog a 5 ans aujourd’hui et je viens de l’apprendre. 5 ans, c’est peu. J’ai pourtant le sentiment de traîner ici depuis une éternité. J’écris sans trop savoir. Je m’écris sans trop savoir. Et vue de l’intérieur, de là où j’écris, formulant et reformulant, mes phrases et mes suites d’idées, 5 ans, 10 ans, 20 ans ou 100 ans, cela ne change rien. Ce qui change, c’est tout le reste, comme ce blog qui a 5 ans maintenant !

Bleu.

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Énoée (détail) – huile sur toile – Mai 2016

La mélancolique heureuse, jeune et fraîche, inachevée mais déjà si sûr d’elle. Si belle, si forte. Lèvres serrées, sourire discret. Son œil fixe sans sourciller cet absurde monde que je lui sert. L’autre, derrière sa mèche, cherche sans doute à reconnaître dans ces vieux traits, le souvenir de son père.

 

Sans compassion.

Mon regard sur notre société est sans compassion, après une demi-année de semi-liberté depuis que je travaille en milieu carcéral, je prends connaissance de la faillite de nos institutions. Ce qui fait la différence c’est l’individu et pas le groupe. Sans doute l’unique filet d’espoir qui me reste pour ce monde que je ne veux plus essayer de comprendre. Nous étions censé être dans un monde moderne où le savoir remporte toutes les victoires sur l’inhumanité ambiante. Comme si avant c’était moins bien et que maintenant serait l’aboutissement d’une logique où l’homme serait le centre de toutes les attentions. Mais non, la seule vérité de ce monde est sans doute l’hypocrisie qui règne en maitresse impitoyable. Nous ne sommes pas égaux, pas même en droit, certains supportent plus que d’autres le poids de nos errements. Ce monde pue et prétendre au bonheur dans ces conditions est au mieux une erreur de jugement, au pire une sombre indécence.

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Boîte.

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J’ai fabriqué une boîte pour tout ranger. Une caisse pour les souvenirs, les traumas, les accidents, les oublies, les envies, les désirs, les joies, les peurs, les pleurs… Une boîte, un coffre ou un cercueil à washi, sans couvercle car rien ne finit jamais vraiment.