Rendez-vous.

P1500978

Il est loin le flou de la première ébauche. La netteté peu à peu envie le tableau et fait place au vertige. Une peur, toute naturelle de ne pas trahir l’intention de dépars. À cette angoisse s’ajoute l’étrange sensation de confusion des visages, car apparaît tour à tour le visage de ma mère, de mon père, de tous mes frères et sœurs, de mes propres enfants et finalement toute ma famille vient se superposer ainsi dans un rendes-vous imaginaire au travers du visage de la cadette.

Publicités

Recommencer.

P1500912

Quand on aime, on ne compte pas. Et elle aime, elle aime plus que de raison. Elle est l’amour courage incarné dans un visage d’éternelle petite fille. Les yeux toujours aussi malicieux et le sourire toujours retenu. Elle a appris au cours des années que trop sourire est risquée et qu’il faut parfois à corps défendant voiler un peu, beaucoup, de sa vraie nature pour ne pas que ce monde n’abuse trop de vous. Elle est forte et à livrer de grandes batailles qu’elle a jusqu’à aujourd’hui toujours gagner, alors elle s’autorise à sourire un peu, un peu plus. Le combat ne finit jamais, elle le sait et elle sait aussi qu’elle a assez d’amour en elle pour tout recommencer.

Finir.

Fini, pas fini, qu’est-ce que cela change car tout est là déjà. L’accomplissement se fait sur le chemin parcouru, en aucune façon sur l’arrivée. Les derniers pas de ce voyage ne sont ni une récompense, ni une ultime leçon de vie mais juste une façon de se détacher de ce que nous avons appris. Un peu comme, après avoir couru trop vite, marcher-nous permet de reprendre notre souffle avant de nous immobiliser à nouveau. Il est peut-être temps de faire un état des lieux et savoir où le chemin nous a réellement mené.

P1500837

M.M. – Huile sur toile – 2017 septembre – Vézillon

Mère

P1500358

Était-il chaud, doux, emplie d’odeurs de gâteaux à la fleur d’oranger, de crème anti-âge ou de parfum suave et fleuri, de sucre, d’huile d’olive ou bien poivré, salé peut-être, mélange d’ail et d’oignons fries, de repas exotiques et de fumées ? Sans doute était-il tout cela à la fois et plus encore ? Ce dont je me souviens, c’est que le baiser de la mère était donné pour rien, pour tout, à tout moment du jour ou de la nuit, pour un oui, pour un non, pour un rien.

Temps.

P1500165

Il y a le temps sur un visage. Tous les temps confondus. Celui passé, révolu, bon et mauvais, heureux et malheureux. Il y a aussi celui du présent, celui de l’instant, celui de l’évanescent, sans doute le plus difficile à saisir. Le temps sur un visage est solide, tangible rien à voir avec le temps futur qui n’est que l’idée du temps.

Un p’tit dernier pour la route!

P1490973

Je ne sais pas si je dois m’en vanter, mais toutes les toiles utilisées jusqu’à présent ne m’ont rien coûter. Elles croulaient sous des années de poussière dans différentes réserves. Sauvagement recyclées par ma fille et moi (c’est-à-dire juste couverte d’une ou peut-être deux couches de blanc acrylique).  Elles ont finalement plutôt bien servi. Et là c’est la dernière qui me reste. Mais pas de nostalgie, sincèrement j’ai hâte de travailler sur une toile neuve et lisse, sans avoir à masquer les irrégularités constantes dues à la précédente couche de peinture, fini le slalom entre les gouttes et les paquets de peinture qui faisait ressembler ces supports à des paysages lunaires.

O. suivant !

P1490920

O. – Peinture à l’huile sur toile – 07/2017 Vézillon.

Savoir s’arrêter et recommencer, un nouveau visage comme un nouveau monde à parcourir: réflexions, relief, brillances, valeurs, couleurs, ombres, lumières… pourquoi j’aime tant peindre des visages ? Sans doute, simplement, parce que j’aime les regarder. Peut-être aussi parce que j’aime lire en eux. Le visage dit peut-être mieux, les silences pleins de sens que tous les mots prononcés ne seront jamais expliqués.