14h15.

Mantes juste avant de prendre le 14h15 - 27 juin 2011 13h

L’ombre à côté du train était courte et le ballast autour des rails ne permettaient pas de rester stable longtemps sur ses pieds. Nous sommes restés debout et calmes sous ce soleil brûlant. Je me disais avec légèreté que c’était un bon entrainement en prévision de la canicule que j’allais trouver en août au Japon. De nombreux jeunes, torse nu, serviette en écharpe, s’amusaient à se lancer de l’eau récupérée dans le train. Je suppose qu’ils se consolaient de la piscine qu’ils ne verraient pas aujourd’hui. Nous étions immobilisés depuis peut-être vingt minutes à attendre l’autorisation de revenir à pied jusqu’à la gare que nous venions juste de passer avant l’arrêt du train. Enfin, tous en file indienne, nous pûmes avancer le long de la voie. J’évite de répondre aux éternels râleurs, j’échange quelques sourires et plaisanteries innocentes avec mes voisins les plus proches. Nous nous aidons un peu les uns les autres, une valise à porter, une main à tenir pour passer aux endroits trop étroits. Nous suivons la procédure et l’équipe qui encadre, est sûre d’elle. Mon esprit divague encore, perdu dans la campagne marchant sagement, j’ai l’impression d’être en colonie de vacances. Il s’est passé une heure depuis l’annonce d’un accident de voyageur par la SNCF. Presque machinalement, nos regards balayent le chemin que nous traçons car nous avons pris la direction du lieu de l’accident. Comme une longue procession, le silence s’impose peu à peu, seul les mises en garde du service d’ordre le rompt de temps en temps. La gare est devant nous, le quai n’est qu’à une centaine de mètres. Mais là, on nous fait traverser les rails pour passer de l’autre côté des voies. L’idée de voir surgir un train plombe définitivement tout le monde. Les visages se ferment d’un coup. Inutile de vous raconter, ce que nous avons tous aperçu au loin, si peu et déjà trop. À cet instant je n’avais qu’une envie, qu’une idée en tête. C’était entendre sa voix et la serrer dans mes bras, rien qu’elle. Et personne d’autre.

Publicités
Cette entrée, publiée dans art, est taguée . Bookmarquez ce permalien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s