Les pelures d’orange.

Pelures d’orange – Acrylique sur washi – Mantes juin/juillet 2012

Je me souviens dans les ruelles de ma ville natale, marchant solitaire, encerclé par la chaleur, ramassant les peaux d’orange pour en racler le fond. Sous la fournaise la peau durcit, il faut donc la cueillir quand elle vient d’être fraîchement épluchée et jetée, sinon il n’y a plus rien à gratter et il ne reste dans la bouche qu’un goût de bitume et de poussière. Les pieds rentrés à l’intérieur, jambes arquées, je baladais mes 6 ou 7 ans dans la ville à la recherche de ces petites surfaces orange qui se découpaient sur le gris bleuté de l’asphalte. Fragment après fragment, tout comme ces pelures d’orange mon passé se redessine sans cesse. Ce souvenir, je l’ai depuis longtemps et longtemps je me suis dit que les enfants avaient tous des lubies aussi étranges que celle de se nourrir de l’intérieur des peaux d’orange. Mais lorsque mon grand frère me confia qu’il lui était souvent arrivé de rentrer de l’école affamé et de ne rien trouver à manger chez nous, je compris qu’il était possible aussi, que la faim soit simplement la raison première qui me faisait accomplir cela.

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