Déserter ?

Novembre 2012 – Flou.

Les micros vibrations en temps réel sur nos réseaux rendent ce nouvel espace, ce sixième continent comme on commence à le nommer, aussi plat et désert que la toundra. Pour le moment nous sommes le lichen de cette surface et nos effets finissent par trouver leurs limites, étalé à perte de vue, strate après strate, nous tentons de justifier notre présence sur ce nouveau monde. Un jour, sans doute, nous marcherons sur ce désert comme dans nos villes, si marcher présente encore un intérêt. Nos émotions et nos sensations seront surement plus vraies que nature et peut-être que nous y emménagerons définitivement substituant un « réel » pour un autre. Le temps y sera aboli, la physique élémentaire dépassée, nous pourrons être toute chose, réduit à de simples données électriques, nous façonnerons peut-être ce monde à notre image, omniscient, omnipotent, immortel peut-être, mais certainement seul, désespérément seul. « Seul, tous ensemble ! » tel serait le triste slogan de ce futur. Et c’est déjà un peu le cas ici et maintenant, dans cette ère de l’information, notre ère, relais après relais, le message est devenu plus important que le messager, au point de le faire disparaître, réduit à la seule fonction de boîte aux lettres… Mon envie de déserter ce jeune univers s’accroît de jour en jour. Mais je résiste encore un peu chaque jour. Par addiction, oui c’est certain ! Mais pas seulement ! Je garde encore le secret espoir que l’outil n’asservira pas l’utilisateur et que finalement je trouverai un moyen de le détourner pour l’avoir encore sous mon contrôle. Car il est bien question de cela en réalité, de la perte de contrôle. Alors je peins et je dessine dans le monde « réel », dans le vieux monde. J’ai depuis longtemps renoncé aux palettes graphiques qui me confisquaient tant de sensations malgré leurs indéniables performances. La principale de celles-ci, était de me tenir éloigné de la matière et d’une certaine sensualité liée aux outils ou aux supports que j’utilisais. Je suis humain, mes sens sont limités, mais ma perception, j’ose à le croire demeure encore infini…

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