Finir.

Fini, pas fini, qu’est-ce que cela change car tout est là déjà. L’accomplissement se fait sur le chemin parcouru, en aucune façon sur l’arrivée. Les derniers pas de ce voyage ne sont ni une récompense, ni une ultime leçon de vie mais juste une façon de se détacher de ce que nous avons appris. Un peu comme, après avoir couru trop vite, marcher-nous permet de reprendre notre souffle avant de nous immobiliser à nouveau. Il est peut-être temps de faire un état des lieux et savoir où le chemin nous a réellement mené.

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M.M. – Huile sur toile – 2017 septembre – Vézillon

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Mère

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Était-il chaud, doux, emplie d’odeurs de gâteaux à la fleur d’oranger, de crème anti-âge ou de parfum suave et fleuri, de sucre, d’huile d’olive ou bien poivré, salé peut-être, mélange d’ail et d’oignons fries, de repas exotiques et de fumées ? Sans doute était-il tout cela à la fois et plus encore ? Ce dont je me souviens, c’est que le baiser de la mère était donné pour rien, pour tout, à tout moment du jour ou de la nuit, pour un oui, pour un non, pour un rien.

Temps.

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Il y a le temps sur un visage. Tous les temps confondus. Celui passé, révolu, bon et mauvais, heureux et malheureux. Il y a aussi celui du présent, celui de l’instant, celui de l’évanescent, sans doute le plus difficile à saisir. Le temps sur un visage est solide, tangible rien à voir avec le temps futur qui n’est que l’idée du temps.

Un p’tit dernier pour la route!

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Je ne sais pas si je dois m’en vanter, mais toutes les toiles utilisées jusqu’à présent ne m’ont rien coûter. Elles croulaient sous des années de poussière dans différentes réserves. Sauvagement recyclées par ma fille et moi (c’est-à-dire juste couverte d’une ou peut-être deux couches de blanc acrylique).  Elles ont finalement plutôt bien servi. Et là c’est la dernière qui me reste. Mais pas de nostalgie, sincèrement j’ai hâte de travailler sur une toile neuve et lisse, sans avoir à masquer les irrégularités constantes dues à la précédente couche de peinture, fini le slalom entre les gouttes et les paquets de peinture qui faisait ressembler ces supports à des paysages lunaires.

O. suivant !

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O. – Peinture à l’huile sur toile – 07/2017 Vézillon.

Savoir s’arrêter et recommencer, un nouveau visage comme un nouveau monde à parcourir: réflexions, relief, brillances, valeurs, couleurs, ombres, lumières… pourquoi j’aime tant peindre des visages ? Sans doute, simplement, parce que j’aime les regarder. Peut-être aussi parce que j’aime lire en eux. Le visage dit peut-être mieux, les silences pleins de sens que tous les mots prononcés ne seront jamais expliqués.

O.

P1490688J’ai adopté cette nouvelle règle qui consiste à anonymiser en ne mettant que la première lettre. Il a pourtant un si joli prénom mon fils. Que c’est stupide, en cherchant peu, n’importe qui finirait par le trouver. Après des années de navigation et de naufrage sur la toile, j’ai laissé s’échouer beaucoup d’informations sur ces immensités numériques. Alors à quoi bon vouloir protéger ce que j’offre au regard du monde. Et toute cette somme de data, est-ce vraiment moi ? Je ne le pense pas. Tout juste un simple éclat, un tracé floue, à peine une vibration, comme ces lumières lointaines que l’on croit connaître sur d’infime variations d’intensité.

C’est comme ça…

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C’est toujours avec ces mots que ma fille ponctue les fins de ses phrases.  » Il faut bien aller à l’école… Hein ! C’est comme ça.  » Eh oui, il faut bien, même si le cœur n’y est plus. Les notes, les évaluations, les cours formatés, les leçons à apprendre par cœur, tout ce qu’il faut pour enterrer un peu plus profondément, créativité et curiosité. Alors oui mon bébé, à ma grande désolation, c’est comme ça.